Soif de vie

Dans cette errance planétaire, chemin d’exode, de danger, de peur, des êtres cherchent hommes, femmes, enfants quêtent un avenir paisible, loin de toute discrimination, offrant toit, nourriture, éducation, liberté physique et temporelle.
Dans l’installation d’Anne-Sophie Desoblin et Jean-Loup Choquet, ces personnages témoins sont représentés en sculpture papier montrant ainsi la fragilité humaine et la précarité de chacun de nous. D’autres silhouettes sous forme de totem, images volées, images réelles, images objectives, images subversives, rejoignent le travail d’Anne-Sophie et nous invitent à réflexion.
Ce cheminement d’exil précipite ces populations privées des droits les plus élémentaires en un Occident d’abondance, vers une société généreuse et protectrice. Et, nous, spectateurs, de nos droits et de nos acquis, nous ne savons pas jusqu’où partager. « De l’eau à la bouche » à « La soif de vie » : allégorie d’une impérieuse nécessité de vivre. Image des vies perdues mais aussi métaphore de ces humanités bouleversées, les corbeaux hantent nos horizons et viennent, ombres funestes, noircir leurs horizons.
Nous proposons un travail conçu comme un dialogue fécond entre deux modes d’expression et dont les constituants multiples, une fois synthétisés dans la perception du spectateur, se complètent pour donner la version la plus aboutie de l’art comme émergence de sens et comme production d’accomplissement.

L’allégorie ressource en ce palais équin
Ces passagers des ombres, porteurs d’horizons
Des exodes barbares et sempiternels
Itératives et cruelles migrations
Fragilité d’êtres broyés par « les fils de »
Fragilité des êtres jetés sans visa
Dans les fourches caudines de l’Europe
Fragilité de ces enfants de l’Orient
Vivants ou jetés sur les rives de nos vies
Dont les oiseaux noirs des médias se repaissent
Marina Jean

Anne-Sophie Desoblin

ANNE SOPHIE(2) sans titre 2016
ANNE SOPHIE(1) sans titre 2016
ANNE SOPHIE DÉSOBLIN 5 sans titre 2016
ANNE SOPHIE DESOBLIN 4 sans titre 2016
ANNE SOPHIE sans titre 2016

Anne-Sophie Desoblin peint des figures humaines, ou des fragments de figures, captés dans une position figée et une posture ou situation insolite. Cette lecture est accentuée par une légère déformation voire aberration perspective qui provoque, chez le regardeur, une possible confusion dans l’ordre de l’identification corporelle. Pour amplifier ce sentiment d’invraisemblabilité, Anne-Sophie Desoblin introduit dans sa peinture une partie du corps manquante ou un meuble manquant sans lequel le corps apparaît comme orphelin, introduisant ainsi un sentiment de flottement, d’instabilité et d’étrangeté. Sur le plan pictural, deux registres sont employés : soit le fond coloré surgit pour contaminer violemment la figure et se répandre dans un halo expressif, soit il est absent, laissant à la blancheur de la feuille se confondre avec la pâleur de la chair.
Ce ne sont manifestement pas des figures qu’on peut rencontrer et pourtant, elles y sont étrangement proches. Elles semblent hurler dans le silence ou de se figer dans un autisme ahurissant. Elles nous interpellent et nous fascinent par cette étonnante proximité qu’elles établissent avec nous : plus on les fixe, plus on se sent en empathie avec elles et plus encore on entrevoit l’infini cortège de destins humains.

Petr Opelik, 01/05/2017

 

Anne-Sophie DESOBLIN

Voir son site : www.startergallery.com/83/anne-sophie-desoblin


Duos :

 

Jean-Loup Choquet

030 – Copie-redimensionné
004 (2)

La vie nous fournit de nombreuses interrogations qui fertilisent une démarche plastique.
Non pas un rôle de militant au profit d’un parti, mais un témoignage sur notre vécu au jour le jour,  des réactions donnant lieu à des installations comme : Transgenre, Peine de mort, Manifeste des 343 S……., Droit au logement, Peuples migrants.
Des installations souvent relayées par des monotypes : poncés, usés, déchirés, notre mémoire refusant des souvenirs.


Duos :